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Saturday, 14 March 2015

The Last Days of Peter Bergmann. Really?

Watch this 19-mn documentary by Ciaran Cassidy:
http://aeon.co/video/psychology/the-last-days-of-peter-bergmann-a-short-mystery-film/

Peter Bergmann outside Sligo City Hotel


And read whatever you can find on the case (there isn't so much), for example this Irish Independent article:
http://www.independent.ie/regionals/sligochampion/news/mystery-mans-last-surprise-27570679.html

or this unidentified dead person report issued by the German police (IMAGE MAY BE DISTRESSING):
http://www.bka.de/nn_198456/DE/Fahndungen/Personen/UnbekannteTote/IrlandMann/IrlandMann.html

I found both the story and Cassidy's film captivating. I read it won awards at various film festivals and I feel that is entirely deserved. I'd like to see Cassidy's previous film called Collaboration horizontale. Judging from website comments and discussion forums, I'm not the only one who has become engrossed in this mystery.

SPOILER ALERT - WATCH THE FILM BEFORE READING THE REST OF THIS POST

Now here's my point - and as far as I know I'm the first one to make it publicly. Any information you can send to support or refute my theory is welcome. I think there is a strong probability that the film is a hoax. I have no evidence, but there is a whole series of clues that set me thinking about it:
  • a senior police officer who's been working on an Austria-related case for 4 years and talks about "a place in Austria called Wien, W-I-E-N"? Hmm.
  • the bus driver sounds a tad too dramatic (acting?)
  • I am no specialist, but it seemed to me that CCTV footage is too good to be true: for example, 'Peter Bergmann' is conveniently facing the camera when reading his papers at the café; we have really good close-ups on him (think of how hard it is to see the faces of suspected criminals on 'real' CCTV footage they show us on TV)
  • there is a LinkedIn page for John O'Reilly, Detective Superintendent at Sligo Garda station (see also this Irish Examiner article mentioning him about an unrelated case http://www.irishexaminer.com/ireland/girl-kept-escaping-from-care-prior-to-her-death-233395.html) - but the film credits call him Detective Superintendent John Reilly (without the O')
  • the German police report refers to death-by-drowning, but in the film we are told (by the coroner?) that there was no water in PB's lungs and that the cause of death is unknown
  • the last words of the film are ('John Reilly' speaking): "...Peter Bergmann does not exist. It's highly likely that he never did". A metafictional wink?

My assumption is that there really was a man called Peter Bergmann found dead at Rosses Point, whose body was never claimed, but the purple plastic bag, the taxi ride to the beach and the whole hotel shebang are fiction. Which makes the film really great as such, like William Boyd's Nat Tate or Jean-Teddy Filippe's Documents interdits. I am sure some people say they remember the case back in 2009. But then again, maybe they really do.

Thursday, 13 November 2014

Vive la science !

Voici coup sur coup deux avancées scientifiques majeures que l'on doit à la coopération européenne : la découverte du boson de Higgs par le CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire) le 4 juillet 2012, et hier 12 novembre 2014 le premier atterrissage contrôlé sur une comète, piloté par l'ESA (European Space Agency) avec la collaboration de divers organismes associés.

La valeur de ces avancées réside en grande partie dans les travaux qu'elles permettent et qui vont suivre, une affaire de plusieurs mois voire plusieurs années. Pour l'instant, on peut se réjouir de deux choses au moins :

1. Quand on y met des moyens et de la volonté, qu'on fédère les intelligences et les subventions, l'Europe, ça marche !
2. Les deux événements, surtout l'atterrissage de Philae sur la comète, ont captivé une bonne partie du grand public, signe que l'on peut renouer avec l'enthousiasme des découvertes et de la connaissance, face à la suspicion qui se manifeste parfois à l'encontre du progrès scientifique et technique.

Et puisque ce blog est dédié à relier actualité et littérature, je ne serai pas original en me tournant du côté de Jules Verne, mais du moins vers un de ses romans les moins connus dont je recommande la lecture : Hector Servadac. Nous sommes-là dans la science-fiction, puisque l'histoire est celle de quelques Terriens embarqués sur une comète venue effleurer la Terre,
Les héros de Jules Verne gambadant sur la comète Gallia
et qui profitent de ce moyen de transport improvisé pour voyager dans le système solaire. Dans les nombreuses interviews qu'il a données ces dernières vingt-quatre heures, l'astrophysicien André Brahic relie lui aussi cette relance de la conquête spatiale avec l'esprit des grandes découvertes du XVIe siècle. Et dernier détail : l'un des astronomes du roman de Verne s'appelle... Palmyrin Rosette. En plus des références égyptiennes, les inventeurs de la sonde Rosetta lui auraient-ils fait un clin d’œil ?

Wednesday, 25 June 2014

Concert Bonnet/Poulsen

Richard Bonnet (soufflant dans sa guitare à travers un bidule) et Hasse Poulsen au Maquis de Vareilles, Yonne, 30 mai 2014.

Friday, 6 June 2014

On te dit qu'Il revient

Maurice Thorez
En 1953, Aragon publiait un poème ridicule sur le retour de Maurice Thorez en France. Difficile de croire, notamment en ce jour de célébrations du début de la libération de l'Europe, que ce fut le même qui écrivit "La rose et le réséda", "L'affiche rouge" et tant d'autres poèmes magnifiques.
Nicolas Sarkozy
Une fois encore, (mauvaise) littérature et actualité, ainsi qu'actualité d'hier et d'aujourd'hui, se télescopent, car voici que les fans de Nicolas Sarkozy font assaut de déclarations grandiloquentes sur le retour annoncé de leur vedette. Florilège, après des extraits du poème d'Aragon :

"Il revient ! Les vélos, sur le chemin des villes,
Se parlent, rapprochant leur nickel ébloui.
Tu l'entends, batelier ? Il revient. Quoi ? Comment ? Il
Revient ! Je te le dis, docker. Il revient. Oui,
Il revient. Le wattman arrête la motrice :
Camarade, tu dis qu'Il revient, tu dis bien ?
Et l'employé du gaz interroge : Maurice
Reviendrait ? Mais comprends, on te dit qu'Il revient,
Maurice...
Il revient. Je redis ces deux mots-là sans cesse."

"Je peux vous dire : il faut qu'il revienne" (Roger Karoutchi)
"Il n’a pas le choix, il doit revenir. […] Nous avons besoin d’un vrai leader, nous avons besoin d’un chef" (Nadine Morano)
"Je crois que face à ces circonstances historiques, il est temps que le devoir appelle Nicolas Sarkozy" (Geoffroy Didier)
"Le courage, l'intelligence et la compétence ont un nom. Nicolas SARKOZY. Revenez Monsieur le Président, nous avons besoin de vous, pour nous, nos enfants, nos petits enfants, qu'ils puissent dans uns [sic] France juste, douce et sereine." Philippe (citation figurant sur la page d'accueil du site nicolasreviens.fr)

Ironiquement, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres il y a quelques jours la pub d'un marabout me promettant "le retour de l'être aimé". J'ai à peine lu ; c'était peut-être un tract de l'UMP ?

Monday, 26 May 2014

Europe : plébiscite pour que rien ne change

Le principal enseignement des élections européennes est clair : les Européens sont majoritairement satisfaits de l'Europe telle qu'elle fonctionne, et souhaitent continuer dans la même direction. La reconduction du groupe majoritaire (le PPE, droite) et la confirmation du S&D (gauche) dans son statut de principal groupe d'opposition en atteste.

La nouveauté, c'est la percée de partis europhobes, en particulier d'extrême-droite. Ils arriveront peut-être à constituer un ou deux groupes distincts, autour du Ukip britannique et du FN français notamment. On voit mal à cette heure comment ils parviendraient à infléchir la politique générale du Parlement.

Du point de vue français, le résultat est également très clair : il y a UNE grande vainqueur, politicienne hors-pair, dont il faut bien reconnaître tout le talent, même si on ne partage pas ses convictions. Je parle évidemment d'Angela Merkel. François Hollande sort diminué du vote, sa légitimité pour demander une nouvelle orientation à la politique du Conseil est nulle, et la chancelière, qui s'oppose à tout infléchissement de la politique actuelle, peut remercier les électeurs du Front national d'avoir affaibli les positions françaises à ce point.

Conclusion : c'est une occasion manquée pour tous ceux qui voulaient changer quelque chose. Le Parlement est reconduit, le pouvoir continuera d'être entre les mains du Conseil (c'est-à-dire des chefs d’États et de gouvernements), pas au Parlement. Les nations (Merkel, Cameron... comme Sarkozy en son temps) vont continuer de tuer dans l’œuf toute tentative de fédéralisation dans les domaines clés : économie, fiscalité, affaires étrangères, défense, sans parler de l'éducation ni de la protection sociale... qui relèvent aujourd'hui exclusivement ou quasi-exclusivement des États souverains. C'est d'ailleurs la plus grande victoire des europhobes en France et au Royaume-Uni d'avoir réussi à faire croire qu'il en était autrement.

Sunday, 16 March 2014

Ukraine, Russia and Gogol

Scroll down for English version

Peu s'en souviennent aujourd'hui, mais l'actuelle situation politique en Ukraine a connu il y a quatre ans quelques prémices littéraires. On se préparait à célébrer le 200e anniversaire de Nicolas Gogol, né en Ukraine, pays qui servit de cadre à plusieurs de ses récits et nouvelles, mais d'expression russe, ayant vécu en Russie la plus grande partie de sa vie et enterré à Moscou. Les autorités des deux pays s'étaient disputées : Gogol, écrivain russe ou ukrainien ? Voici ce qu'en disait Igor Zolotussky, un spécialiste russe de Gogol :

"Il ne peut pas y avoir de débat car il n'existe pas d'identité nationale ukrainienne distincte. Gogol écrivait et pensait en russe. C'est un grand écrivain russe, point final." (c'est moi qui souligne)

A l'heure où je poste cet article, un référendum est en cours sur le rattachement de la Crimée à la Russie, avec, nous dit-on, des bulletins sans enveloppes, des urnes transparentes et des paramilitaires pro-russes en faction devant les bureaux de vote...

Four years ago some literary/diplomatic incident between Ukraine and Russia foreshadowed the current political situation. The preparations for the 200th anniversary of Nikolai Gogol's birth caused a dispute between the two countries. Was he a Ukrainian or a Russian writer?Gogol was born in Ukraine, whose culture and folklore influenced some of his stories, but he wrote in Russian, spent most of his life in Russia and was buried in Moscow. This is what Igor Zolotussky, a Russian specialist of Gogol, then said:

"There can be no such discussion because there is no such thing as a separate Ukrainian national identity. Gogol wrote and thought in Russian. He was a great Russian writer, full stop." (my italics)

As I write, Crimea is voting on whether to rejoin Russia or stay with Ukraine - with no enveloppes for ballots, transparent ballot boxes and pro-Russian militias deployed outside polling stations...

Tuesday, 11 February 2014

Murphy riots and Dieudonné

Murphy riots in City Park Street, Birmingham, 1867
I was struck by the similarities between the Murphy riots in Britain in the 1860s and the recent Dieudonné affair in France – a rather small-scale repeat and in a different context, but with still much in common: 
1.   Murphy was an obsessive anti-Catholic paranoid (“every Popish priest is a murderer, a cannibal, a liar, and a pickpocket”). Dieudonné is an obsessive anti-Semitic paranoid (“les gros escrocs de la planète sont tous des juifs” – “the big crooks in the world are all Jews”).
2.   Murphy’s lectures in the North of England gathered impressive numbers of sympathisers. So do Dieudonné’s shows in his Paris theatre and throughout the country.
3.   Murphy presented himself as a champion of free speech, and so does Dieudonné. The protestant Evangelical Mission (a strongly anti-Catholic organisation) said in Murphy’s defence: “Englishmen are being deprived by a Military Despotism at the dictation of ROMISH PRIESTS.” And Riposte Laïque (a far-right organization): “Le pouvoir se sert de Dieudonné pour interdire la liberté d’expression” – “the government uses Dieudonné to ban free speech.”
4.   The then Home Secretary personally intervened against Murphy, saying “his words [were] only fit to be addressed to thieves and murderers”. The French Home Secretary condemned “Dieudonné’s racist and anti-Semitic words most firmly,” and won the legal battle to ban his most controversial show.
Fortunately, nothing like the Murphy riots happened, and only minor incidents have been reported here and there. But the question posed by Murphy’s lectures and by Dieudonnés shows is obviously the challenge they present to political liberalism: should we or should we not allow total freedom of speech? Where should we draw the line between free speech and incitation to violence and hatred? Your reactions are most welcome.

Monday, 3 February 2014

John Galsworthy et le mariage pour tous


Nous avons assisté hier à une nouvelle démonstration de force de la "Manif pour tous". Il était amusant ce matin de comparer les unes du Figaro et de Libération, sans surprise au demeurant : "Grande manifestation pacifique" pour les uns, "Manip pour tous" pour les autres... Ce qui est curieux, c'est de manifester contre des moulins à vent : personne n'a jamais voulu enseigner la théorie du genre dans les écoles (d'ailleurs ça n'existe pas, c'est une traduction maladroite et trompeuse de l'anglais gender studies, dont on peut penser par ailleurs ce que l'on veut, mais si on les critique, critiquons-les pour ce qu'elles sont), et le gouvernement répète à qui veut l'entendre que ni PMA ni GPA ne sont à l'ordre du jour... Il s'agissait surtout de faire un procès en illégitimité au président et au gouvernement socialistes, et ce n'est pas la première fois que l'on constate que la droite a tendance à considérer que le pouvoir, pour le plus grand bien de tous, doit par essence rester sa chose.


The Forsyte Saga - 1967 television adaptation

Cela dit, rien n'indique que PMA, GPA, et, pour élargir le débat, outils de surveillance généralisée des populations ou autres modifications génétiques, ne deviendront pas un jour réalité, illégale puis parfois légale. Il est raisonnable de penser que ce qui techniquement possible finit par advenir. Les peurs des manifestants d'hier ne sont pas à ranger au rang des fantasmes d'illuminés, toute arrière-pensée politique mise à part, je n'y reviens pas. J'étais replongé ces derniers temps dans la lecture de John Galsworthy, surtout The Country House, mais l'auteur est surtout célèbre pour The Forsyte Saga, où on lit ceci :

"Men are in fact quite unable to control their own inventions; they at best develop adaptability to the new conditions those inventions create."

Ainsi avons-nous dû nous adapter à la menace nucléaire, à l'invention du téléphone et aux trains à grande vitesse. Il faudra nous adapter (si ces choses deviennent techniquement et financièrement réalisables) aux innovations de la génétique et de la biologie. On devra bien sûr se poser la question du bien et du mal, mais comme on se la pose pour les drogues ou la prostitution : en sachant que le but ne peut pas raisonnablement être d'éradiquer le problème. Une autre citation de Galsworthy pour finir, histoire de pimenter un peu plus le débat sur le mariage homosexuel :

"Society is built on marriage... marriage and its consequences."

Sunday, 10 November 2013

Typhoon

10,000 are reported dead in the Philippines after typhoon Haiyan hit the country. The tragic irony is that climate change - yes, climate change is to blame - has almost disappeared from world political discussions. As John Vidal wrote in The Guardian on Friday 8 Nov.: "From being top of the global political agenda just four years ago, climate change is now barely mentioned by the political elites in London or Washington, Tokyo or Paris. Australia is not even sending a junior minister to Warsaw [the next conference on climate]. The host, Poland, will be using the meeting to celebrate its coal industry." In the long term, this means great economic, social and environmental turmoil everywhere, including in Europe, as politicians should constantly be reminded of.

On the literary side, here is a short passage from Joseph Conrad's Typhoon, one of his best novels:
"Observing the steady fall of the barometer, Captain MacWhirr thought, "There's some dirty weather knocking about." This is precisely what he thought. He had had an experience of moderately dirty weather—the term dirty as applied to the weather implying only moderate discomfort to the seaman. Had he been informed by an indisputable authority that the end of the world was to be finally accomplished by a catastrophic disturbance of the atmosphere, he would have assimilated the information under the simple idea of dirty weather, and no other, because he had no experience of cataclysms, and belief does not necessarily imply comprehension. The wisdom of his county had pronounced by means of an Act of Parliament that before he could be considered as fit to take charge of a ship he should be able to answer certain simple questions on the subject of circular storms such as hurricanes, cyclones, typhoons; and apparently he had answered them, since he was now in command of the Nan-Shan in the China seas during the season of typhoons. But if he had answered he remembered nothing of it. He was, however, conscious of being made uncomfortable by the clammy heat. He came out on the bridge, and found no relief to this oppression. The air seemed thick. He gasped like a fish, and began to believe himself greatly out of sort."

Sunday, 8 September 2013

Syrian Fiction and Music

Hello everyone,
Back to blogging after a loooooong summer pause.
Syria seems to be on everybody's minds at the moment, and we all ask ourselves whether we should support some form of military action. I do, for the simple reason that at this stage I can't think of any other form of action, and because to me the use of chemical weapons against civilians is a red line. If it is not, what the hell is? But I'd like to offer a different perspective on Syria today, and recommend Sarmada, a novel by Fadi Azzam, a journalist now in exile in Dubai. The truth is I haven't read it, so I can't say much about it, except that the New Yorker found it very good. You'll find the review on their website. I also recommend the Syrian music band Tanjaret Daghet, whose name means "pressure cooker," because as lead vocalist and guitar player Khaled Omran says, "if you don’t let the steam come out, there will be an explosion." Plenty of videos on Youtube.

Tuesday, 25 June 2013

PRISM and total surveillance



GCHQ
PRISM, the United States’ global electronic surveillance programme, has hit the headlines since Edward Snowden’s revelations. In the British press, the activities of the GCHQ have been much commented on, and from what I have read I understand that as I have been exchanging quite a few emails with UK correspondents over the past few years, both professional and personal, they have all been stored or scanned or analysed or whatever “they” do with them. 
I see at least four possible reactions to this. 1°) Outrage—breach of privacy! If our own governments don’t trust us why should we trust them? Democracy is under threat. 2°) Irony—oh God, I hope they won’t pass on my notes to some rival academic who could publish an article on the yellow stockings motif in early Victorian fiction before me! 3°) Condonation—seriously, how do you expect security services to prevent terror attacks against us? 4°) Literary history—have authors discussed such issues in novels?

 There is, of course, George Orwell’s 1984, with its anticipation of the State’s total surveillance machine. On a smaller scale, Jeremy Bentham’s Panopticon has long been used as a metaphor for surveillance systems (Foucault, Zuboff) and many see the Internet as a form of modern Panopticon. In The Handmaid’s Tale by Margaret Atwood, “the omnipresence of Eyes, Angels, Guardians, and Aunts—all agents of state sponsored repression—evoke an atmosphere of constant surveillance and social control in which biblical mandate, fascist tactics, and technology are all merged” (http://www.enotes.com). And in Philip K. Dick’s A Scanner Darkly, “the little people are trapped in a total surveillance state where hologram cameras are routinely used, every pay phone is tapped, supersonic tight beams are used for police assassinations, and the closest friends inform on each other” (Darko Suvin, New Boundaries in Political Science Fiction). Some of you may have seen Richard Linklater’s 2006 film adaptation, with Keanu Reeves as Arctor/Fred.



Think of more dystopian/utopian fiction on total surveillance? Please leave a comment!

Friday, 14 June 2013

L'anglais à l'Université



La dernière polémique en date concerne un article de la récente loi sur l’enseignement supérieur autorisant les cursus en anglais dans nos Universités. D’aucuns y voient la fin du français, voire de la France. Jacques Attali, qui jadis prôna la mesure dans son rapport sur les clés de la croissance, tonne contre : c’est qu’il veut se faire élire à l’Académie française. Il y a je crois chez les opposants au projet (qui au passage ne concernerait que 1% des cursus universitaires, et qui pour les grandes écoles entérinerait une réalité de fait – mais chut !), il y a chez les opposants donc, beaucoup de nostalgie du temps où le français était la langue des élites. Or, si l’on veut que la langue française retrouve son influence de jadis, il faudrait redonner à la France sa suprématie politique, militaire et économique sur l’Europe et sur le monde. Une langue et une culture influentes, ce sont d’abord, toujours, et tout à la fois, une armée plus puissante que celle des autres, une démographie plus dynamique que celle des autres, des entreprises conquérantes, des scientifiques et des ingénieurs innovants, et des moyens financiers et matériels colossaux mis à leur service. Comment croyez-vous que le grec, puis le latin, puis le français, sont devenus en leurs temps les langues véhiculaires des esprits cultivés en Europe ? Les autres peuples étaient-ils composés d’idiots qui n’avaient rien à dire ? Non : mais leurs armées furent défaites par Alexandre, par César, par Louis XIV. Les auteurs de polars américains, connus partout dans le monde, sont-ils meilleurs que les Français, qui ont, n’est-ce pas, un tout petit peu plus de mal à s’imposer hors hexagone ? Non : mais les Etats-Unis ont dix porte-avions en activité, et la France un seul. Et une économie (encore) dominante. Et Google, et Facebook, et YouTube. L’exemple du français devrait d’ailleurs rassurer les passéistes : les autres langues n’ont pas disparu entre le XVIIe et le XXe siècles parce que les érudits et les diplomates conversaient en français. Pourquoi le français, relégué au rang de langue locale, disparaîtrait-il ? Il est d’ailleurs en expansion constante : contrairement à une idée reçue, le nombre de francophones ne cesse de croître partout dans le monde, ainsi que le nombre de non francophones qui apprennent le français. Evidemment, leur nombre croît mon vite que celui des non anglophones qui apprennent l’anglais, mais la langue de Tatiana de Rosnay (auteur français le plus lu en Europe et aux Etats-Unis ces deux dernières années) a encore de beaux jours devant elle, à condition que les pays francophones ne ratent pas le train de la mondialisation et refusent de se mettre à l’anglais. C’est paradoxal, mais pas contradictoire. Car les étudiants en chimie ou en astrophysique chinois, indiens, allemands, brésiliens que l’on espère attirer par cette mesure apprendront aussi le français une fois chez nous, et seront des ambassadeurs de la culture française une fois rentrés chez eux, pour peu qu’ils aient été bien accueillis. Quant aux chercheurs français, le recours à l'anglais s'impose pour eux, qu'on le veuille ou non. Il faut leur donner les moyens de se faire entendre dans le concert anglophone du savoir. Un érudit du Moyen-Age parlait latin, d'où qu'il soit. Aujourd'hui il parle anglais. Certes, à l'époque le latin n'était plus la langue maternelle de personne, contrairement à l'anglais aujourd'hui, ce qui place les autres en situation de handicap au départ. Mais peut-être aussi en situation d'avantage, tant il est vrai que parler plusieurs langues est un atout, et tant il est vrai que les populations anglophones dans leur ensemble, qui s'en mordront les doigts un jour, négligent les langues vivantes.

Friday, 26 April 2013

Les crieurs publics

Un peu partout en France, les crieurs publics font leur retour. On peut en entendre, entre autres, à Mayenne (en Mayenne), à Mirande (dans le Gers), à Auvers-sur-Oise (Val d'Oise) ou encore à Lyon et dans le Lauragais. On croyait le métier à jamais disparu : sa réapparition coïncide avec l'avènement de l'hyper-connexion de chacun aux réseaux d'information mondiaux. Les sociologues nous expliqueront ce paradoxe ; fidèle à l'idée première de ce blog (expliquer l'actualité par la littérature), je me contenterai de rappeler ici l'influence capitale du roman de Fred Vargas, Pars vite et reviens tard (2001), dans ce phénomène. D'autres crieurs publics habitent la fiction : c'est par exemple le métier de Lazarillo de Tormès, héros éponyme du premier roman picaresque de l'histoire littéraire européenne (1554).  La littérature africaine leur fait une part plus belle encore ; on citera Faralako (1958), d'Emile Cissé, et Ce sera à l'ombre des cocotiers (1987) d'Ansoumane Doré.

Friday, 22 March 2013

Of Bees and Men


Version française en-dessous

Bees are back! But for how long? Their impending extermination could lead to some major environmental disaster, if nothing is done in time. Here is a good article on the subject: http://www.salon.com/2013/03/21/without_honeybees_we_may_cease_to_be/ On the philosophical and literary sides, two books I recommend are Bernard Mandeville's The Fable of the Bees (does what Mandeville wrote about 18th century England apply to today's Cyprus?), and The Secret Life of Bees, the 2002 best-seller by Sue Monk Kidd.

Voici le printemps, et les abeilles vont faire leur grand retour dans nos jardins. C'est l'occasion de rappeler tout ce que nous leur devons, et que les menaces qui pèsent sur elles menacent l'ensemble des écosystèmes. Sur le plan philosophique et littéraire, on conseillera de relire la célèbre "parabole des abeilles et des frelons" de Saint-Simon (toujours d'actualité ?), et Le Testament des abeilles de Natacha Calestrémé (2012), un polar scientifique avec comme toile de fond le mystère de la surmortalité des abeilles.


Sunday, 20 January 2013

Friends or foes? Qatar, Saudi Arabia and radical Islam



French troops have been fighting Islamic fundamentalists in Mali for more than a week now, and will probably be doing so for many months – with the help, let us hope, of African and European armies. The irony of the situation is that Salafism has been financed and exported to the region (and elsewhere) by countries like Qatar and Saudi Arabia, officially considered partner countries to whom we sell weapons, buy oil, and who invest massively in Europe: iconic places and institutions like Paris-Saint-Germain Football Club, Harrod’s and the Shard (Europe’s highest building) in London, and the Italian fashion house Valentino are owned by Qatari investors. We should obviously feel worried about Qatar pouring cash–and ideology?–into France’s disadvantaged suburbs. It is time we mustered political will and diplomatic ingenuity to clarify our relationship with Gulf States. Let me take the opportunity to remind readers that Saudi novelist Turki al-Hamad was arrested in his country one month ago for his tweets on religion and politics.
 Further reading:






Friday, 4 January 2013

Depardieu becomes a Russian citizen


Henry James
Taking a snooze: Gerard was seen stocking on French cheese after he renounced new French tax laws
Gérard Depardieu
 Will Gérard Depardieu become Belgian or Russian? Vladimir Putin signed the citizen grant yesterday. The actor said he would turn over his French passport and social security card if he had to pay 75% of his incomes over 1m euros in tax. Please note: the bill says ‘75% of incomes over 1m euros,’ not ‘75% of incomes’ as even serious newspapers sometimes write. Which means the mega-rich will still be super-rich after paying the new tax, thank you very much. David Cameron was one of the first to be ironic about it, when he talked about rolling out the red carpet for wealthy French people – to which Michel Sapin, the French Employment minister, replied that he’d be curious to see what it is like to roll out a carpet over the sea. But forget about Depardieu, Putin, and all the squabbling between European conservatives and social democrats (the latter are always right, aren’t they?) Here are famous authors who changed countries and sometimes languages and nationalities. Please continue the list!
Henry James: became a British citizen and lost his American citizenship in 1915 in protest against the United States’ reluctance to join the war. Follow this link to read the 1915 report from the Guardian's archive.
Joseph Conrad: born a Russian citizen. Excerpt from Wikipedia article: ‘On 2 July 1886 he applied for British nationality, which was granted on 19 August 1886. However, having become a subject of Queen Victoria, Conrad had not ceased to be a subject of Tsar Alexander III. To achieve the latter, he had to make many visits to the Russian Embassy in London and politely reiterate his request. He would later recall the Embassy's home at Belgrave Square in his novel The Secret Agent. Finally, on 2 April 1889, the Russian Ministry of Home Affairs released "the son of a Polish man of letters, captain of the British merchant marine" from the status of Russian subject.'
Vladimir Nabokov: born Russian. His first nine novels were in Russian. His family left Russia after the Bolshevik Revolution. Became a US citizen in 1945.
Milan Kundera: left his native Czech Republic, then under Communist rule, in 1975. Settled in France and became a French citizen in 1981.
Maurice G. Dantec: France’s world famous (and politically controversial) sci-fi writer has been living in Quebec since 1998 and became a Canadian citizen.
Marie NDiaye: in 2009 the celebrated author of Three Strong Women (Trois Femmes Puissantes) explained that she had left France for Berlin with her partner and their children in 2007 largely because of Nicolas Sarkozy’s election.
Jonathan Littell: the first American to be awarded the Prix Goncourt was granted French citizenship in 2007.

Tuesday, 11 December 2012

La ténébreuse affaire DSK


Dominique Strauss-Kahn et Nafissatou Diallo sont parvenus hier à un accord financier mettant un point final à l’affaire du Sofitel. On ne saura donc jamais ce qui s’est passé dans la suite 2806. La procédure est courante dans le système judiciaire américain ; vos journaux l’expliquent en détail. Aucun de ceux que j’ai parcourus ne relève à quel point tout ceci est balzacien : l’argent corrupteur et régulateur ; l’inconvenance d’une certaine presse ; le pouvoir dont seul la mort peut faire passer l’envie (Berlusconi revient, a-t-on appris hier ! Sarkozy se tient en embuscade ; DSK, blanchi, va-t-il faire son retour en politique ?) ; et bien sûr, pour reprendre le titre d’une des parties d’un roman de Balzac, « Ce que l’amour coûte aux vieillards » (6 millions de dollars, murmure-t-on, dans le cas de DSK).
Voici un extrait de Splendeurs et misères des courtisanes (Diallo n’en est pas une, attention, le New York Post vient, lui aussi, de lui verser des sous pour avoir écrit le contraire). C’est la scène où Nucingen, le vieux financier, négocie certains arrangements monétaires avec une dame…
« D'irritations en irritations et de dix mille en dix mille francs, le banquier était arrivé à offrir soixante mille francs à madame de Saint-Estève, qui lui répondit par un refus grimacé à désespérer un macaque. Après une nuit agitée, après avoir reconnu combien Esther portait de désordre dans ses idées, après avoir réalisé des gains inattendus à la Bourse, il vint enfin un matin avec l'intention de lâcher les cent mille francs demandés par Asie, mais il voulait lui soutirer une foule de renseignements.
– Tu te décides donc, mon gros farceur ? lui dit Asie en lui tapant sur l'épaule.
La familiarité la plus déshonorante est le premier impôt que ces sortes de femmes prélèvent sur les passions effrénées ou sur les misères qui se confient à elles; elles ne s'élèvent jamais à la hauteur du client, elles le font asseoir côte à côte auprès d'elles sur leur tas de boue. Asie, comme on le voit, obéissait admirablement à son maître.
– Il le vaud pien, dit Nucingen.
– Et tu n'es pas volé, répondit Asie. On a vendu des femmes plus cher que tu ne paieras celle-là, relativement. Il y a femme et femme! De Marsay a donné de feu Coralie soixante mille francs. Celle que tu veux a coûté cent mille francs de première main; mais pour moi, vois-tu, vieux corrompu, c'est une affaire de convenance.
– Mèz ù ed-elle ?
– Ah! tu la verras. Je suis comme toi: donnant, donnant !... Ah! çà, mon cher, ta passion a fait des folies. Ces jeunes filles, ça n'est pas raisonnable. La princesse est en ce moment ce que nous appelons une belle de nuit...
– Eine pelle...
– Allons, vas-tu faire le jobard ?... Elle a Louchard à ses trousses, je lui ai prêté, moi, cinquante mille francs...
– Finte-sinte ! tis tonc, s'écria le banquier.
– Parbleu, vingt-cinq pour cinquante, ça va sans dire, répondit Asie. Cette femme-là, faut lui rendre justice, c'est la probité même ! »

Tuesday, 27 November 2012

Quelles solutions pour l'UMP ? / French right in crisis

Scroll down for English version

Robert Peel, founder of the Conservative Party / fondateur du Parti conservateur britannique

L’UMP se déchire sous nos yeux, spectacle mi-consternant, mi-désopilant. Quelques faits : l’UMP a été fondée en 2002. Son homologue britannique, le Parti conservateur, en 1834. Quant à nos partis centristes, le MoDem de Bayrou, fondé en 2007, et la toute nouvelle UDI de Borloo, née en septembre 2012, ils font figure de jeunots à côté des Libéraux Démocrates britanniques, qui portent ce nom depuis 1988 seulement, mais viennent essentiellement du vieux Parti libéral fondé en 1859. Evidemment, les noms et les dates ne font pas tout ; les héritages, les courants existent par-delà les appellations. Mais tout de même. Et puis il y a cette étude (cliquez ici) qui montre que plus les instances politiques ont de femmes en leur sein, plus elles sont stables.
Je me permets donc d’adresser ces conseils tout simples à MM. Copé et Fillon : 1. soyez britanniques. 2. soyez des femmes.

The UMP, the main opposition party in France, is probably heading for a split as the leadership battle between Nicolas Sarkozy’s political heirs is reaching peaks of irrationality. Facts: in the UK, the Conservative Party was founded in 1834. The French UMP was founded in 2002. In the UK, the Liberal Democrats formed their party in 1988 only, but mainly out of the Liberal Party which had been founded in 1859. In France, the centrist Mouvement Démocrate and Union des Démocrates et Indépendants, who are now rubbing their hands as disgusted UMP members are joining them en masse, were founded in 2007 and 2012 respectively. Obviously there is more in parties than dates and names, and ideological roots and legacies reach out beyond labelling, but still. Also there is this study (click here) showing that the more women in political organs, the more stable these organs tend to be.
My advice to Messrs Copé and Fillon is therefore: 1. be British, 2. be women.



Wednesday, 21 November 2012

Bugarach, Edgar Poe, and the end of the world


Bugarach
According to Mayan calculations, or rather to disreputable self-appointed Mayan experts, the world will come to an end in one month exactly, which leaves me little time to pay my taxes. I wonder what it will be like. Shall we have the time to realise what is going on, boosting the profits of our mobile phone operators one last time? “Yeah, I can see it – it’s big and green and gooey and – oh my God it just swallowed the petrol station! I love you darling! [sobbing] I love you!” Probably not. I expect something swift, quick-fried blue steak type. (Did the Mayas eat steaks?) Arguably, the odds of seeing the UMP, France’s right-wing party, split in the next four weeks are much greater, but of course of lesser magnitude worldwide. France, however, or at least one tiny part of it, might be the winner. Apparently the little village of Bugurach in the French Pyrenees will be the only place on earth left standing after 21 December. Follow this link to read Angelique Chrisafis’s excellent report from Bugurach for The Guardian. Of course one can sneer at those lunatics who have started gathering there, or fear there might be suicidal doomsday cult members among them. But one can also see this as living literature – and from what I read most of those who are planning to go there on 20 December, or who have been looking for the treasure of Abbé Saunière in the same region (remember the Da Vinci Code?), fall back on a massive suspension of disbelief, which is, after all, rather uplifting. In literature proper, apocalyptic fiction is a sub-genre of science-fiction concerned with the end of human life or the end of the world as we know it. One of the first examples (Biblical and other mythological stories set apart) is Edgar Allan Poe’s “The Conversation of Eiros and Charmion.” Eiros died in the apocalypse (a comet hit the earth) and describes the scene, as well as people’s attitudes over the preceding days, to Charmion, who had been dead for some years when it all happened. The story is very short; click on this link to read the full text. Here is the last paragraph:
Edgar Allan Poe


“Why need I paint, Charmion, the now disenchained frenzy of mankind? That tenuity in the comet which had previously inspired us with hope, was now the source of the bitterness of despair. In its impalpable gaseous character we clearly perceived the consummation of Fate. Meantime a day again passed, bearing away with it the last shadow of Hope. We gasped in the rapid modification of the air. The red blood bounded tumultuously through its strict channels. A furious delirium possessed all men; and, with arms rigidly outstretched toward the threatening heavens, they trembled and shrieked aloud. But the nucleus of the destroyer was now upon us; even here in Aidenn, I shudder while I speak. Let me be brief—brief as the ruin that overwhelmed. For a moment there was a wild lurid light alone, visiting and penetrating all things. Then—let us bow down, Charmion, before the excessive majesty of the great God!—then, there came a shouting and pervading sound, as if from the mouth itself of HIM; while the whole incumbent mass of ether in which we existed, burst at once into a species of intense flame, for whose surpassing brilliancy and all-fervid heat even the angels in the high Heaven of pure knowledge have no name. Thus ended all.”


Sunday, 11 November 2012

Fifty Shades of Hesitation

   Should I or should I not buy—and read—Fifty Shades of Grey? Call me a snob but worldwide media hype about a book, film or triangle player is usually enough to put me off. However, am I not missing out on a cultural phenomenon here? Just consider the amazing number of people who not only read it but subsequently ran to their local sex and music shops and stepped out with armloads of CDs by Britney Spears, Chopin, and the Tallis Scholars, as well as with various silk or leather or studded or wobbling contraptions. Unless of course this is part of the hype too. Has any serious study proved that all this happened? Did it happen before they said it was happening? So back to the old problem: so many books, so little time. Should I or shouldn’t I? Henry Miller wrote an essay called “To Read or Not to Read” which might help all “hesitating purchasers” like myself. Just follow the link below—the text is very short, less than 4 pages. (Scroll up as the link will take you to page 160 while the beginning is on page 157.) Isn’t it fun reading it with E. L. James’s novel in mind?

Friday, 26 October 2012

Lance Armstrong: facts and fiction (mostly fiction)


Hilarious: after the UCI (Union Cycliste Internationale) stripped the American cyclist of his 7 Tour de France victories, a Glasgow bookshop simply shelved his autobiography in “Fiction.” Anyway, this is where the real champions are. If you haven’t seen The Triplets of Belleville, take a ride to your local DVD shop and watch it.
Also on today’s reading list, three great books on cycling:
    • H.G. Wells’s The Wheels of Chance (1895—those were the days, before the rise of cars—by the author of The War of the Worlds)
    • Flann O’Brien’s The Third Policeman (now a great classic of literature, not just literature about bikes, written in 1939-1940—famous quote: “Is it about a bicycle?”)
    • Les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet (2003)
    • Ralph Hurne’s The Yellow Jersey (1973—a detective novel featuring a prophetic drugs scandal in the Tour de France)

    Wednesday, 17 October 2012

    Edward Hopper / Denis Diderot

    Edward Hopper, Summer in the city, 1949.

    Depuis que l’exposition Edward Hopper a ouvert ses portes au Grand Palais au début du mois, Hopper est partout dans les médias : il a fait la une de Libération, du Monde, de Télérama et de divers magazines d’art, et l’on ne compte plus les suppléments qui lui sont consacrés. Il s’est même invité dans les journaux télévisés de TFI et de M6, et dans plusieurs documentaires sortis pour l’occasion, comme dimanche dernier sur Arte. Bien sûr, il y a une part de publicité : quelques attachés de presse ou « responsables médias » du Grand Palais ou de la Réunion des Musées Nationaux font très bien leur travail. Mais il y a là autre chose, dont nous avons tout lieu de nous réjouir, car le fait qu’un événement culturel se hisse au premier rang de l’information dans les médias généralistes est à la fois surprenant et réjouissant. C'est peut-être ce que l'on appelle l'exception culturelle française.
    Lorsque que vous verrez l’exposition, n’oubliez pas d’écouter les commentaires des autres visiteurs devant chaque tableau. C’est Diderot qui recommande cet exercice fort réjouissant. Voici un passage du Salon de 1763 :
    Je ne regarde pas toujours, j’écoute quelquefois. J’entendis un spectateur d’un de ces tableaux qui disait à son voisin : « Le Claude Lorrain me semble encore plus piquant ! » et celui-ci qui lui répondait : « D’accord, mais il est moins vrai. » Cette réponse ne me parut pas juste. Les deux artistes comparés sont également vrais ; mais le Lorrain a choisi des moments plus rares et des phénomènes plus extraordinaires. (…)
    C’est lorsque [les visiteurs] se rencontrent au sortir de là qu’ils sont plaisants à entendre. L’un dit : « Avez-vous vu le Mariage de la Vierge ? C’est un beau morceau !
    – Non. Mais vous, que dites-vous du Portrait de la comtesse ? C’est cela qui est délicieux.
    – Moi ! Je ne sais seulement pas si votre comtesse s’est fait peindre. Je m’amuserais autour d’un portrait, tandis que je n’ai ni trop d’yeux ni trop de temps pour le Joseph de Deshays ou le Paralytique de Greuze !
    – Ah ! oui ; c’est cet homme qui est à côté de l’escalier et à qui l’on va donner l’extrême-onction ?
    Cela promet de savoureuses tirades au Grand Palais, car s'il est un peintre qui fait parler, c'est bien Hopper, dont les tableaux nous forcent à imaginer tant d’histoires…

    Tuesday, 9 October 2012

    Russian fairy tales





    "Дед Мороз"/"Father Frost"
    According to a recent poll, one Russian woman out of five ‘definitely would’ or ‘would probably’ marry Vladimir Putin. What this says about polls, Putin, Russian politics, Russian women, or politics and women everywhere, I am not quite sure – probably that in today’s Russia political propaganda has a stronger impact than what Hélène Landemore calls “democratic reason,” i.e. “a certain kind of distributed collective intelligence specific to democratic politics.”1 My apologies for the pun, but the Russian president has spent more time posing topless for cameras than defending the naked truth about, say, Chechnya, electoral fraud, or the assassination of Anna Politkovskaya. On Sunday, he said that the Pussy Riot members “got what they asked for” and that “the court’s decision was right” (so much for the separation of powers.) The three women were sentenced to two years in prison after their anti-Putin “punk prayer” in a Moscow cathedral.2
    Literary connections fail me here. Maybe “Cinderella” with all the girls lining up in the hope the Prince will marry them? Or “The Wolf and the Seven Kids,” with Vladimir Putin as the ravenous wolf and Pussy Riot as the slaughtered lambs? Obviously things are not that simple. Although there probably was voting fraud, Putin did not win through it – millions of people voted for him for a reason. Many say this was a vote for stability. However, whether economic stability will last with the UE threatening to tackle Gazprom monopoly remains to be seen. Ironically, stability is a key concept throughout Vladimir Propp’s classic analysis of Russian fairy tales. Putin fits into the stable, reassuring archetype of the king providing order and protecting his realm. And if you want to know more about Russian fairy tales (literary, not political), follow the link to a very good introduction with beautiful illustrations: http://www.endicott-studio.com/rdrm/rrrussian.html

    2.        see the video on http://www.guardian.co.uk/music/video/2012/aug/17/pussy-riot-release-new-single-video

    Monday, 24 September 2012

    Caricatures

    Here we go again... Seven years ago the Jyllands-Posten published cartoons which fuelled the anger of extremist Muslims around the world. Another 'Muhammad cartoons row' has erupted after the publication of drawings in Charlie Hebdo. Let me be clear about this: satire and caricature are essential to freedom, and we should not yield to intimidation or threat from fundamentalists. To celebrate the right to satirize, here are a few caricatures on religious issues. #1 and #2 are by James Gillray (1757-1815) and today they would no doubt cause a fatwa to be issued on the artist's life. #3 is a 16th-century Protestant caricature picturing the pope as a cannibal. #4 is a modern cartoon making fun of the militant atheists waging war on Christmas in the United States.

    #1. 'Presentation of Mahometan Credentials.' Oil painting.

    #2. 'Théologie à la Turque or The Pale of the Church of Mahomet.' Etching.

    #3. 16th century engraving. Société de l'Histoire du Protestantisme Français.

    #4. Cartoon. 







    Thursday, 13 September 2012

    Diplomatic mysteries

    The Saladin Affair: A Robbie Cutler Diplomatic Mystery


    Version française plus bas 

     The brutal attacks on U.S. diplomatic compounds in the Arab world may prompt interest in a new genre in thrillers, the “diplomatic mystery,” stories set in American Embassies abroad. The creator of the genre, William Shepard, is a former career diplomat who served as Consul General in Bordeaux, France. In 2009 he published The Saladin Affair, in which al-Qaeda hatches a plot to assassinate U.S and European diplomats. His latest novel Vintage Murder (2012) is set in Paris and Bordeaux and takes the reader into the shadow world of ETA terrorism. Another book I recommend reading is John Le Carré’s The Constant Gardener (2000), also a 2005 film with Ralph Fiennes, in which a British diplomat investigates the murder of his wife in Kenya and uncovers scandals involving the Foreign Office and the pharmaceutical industry.

    L’attaque sanglante du consulat américain à Benghazi me rappelle qu’un nouveau genre littéraire est justement apparu ces dernières années, le « diplomatic mystery ». Son inventeur (et à ma connaissance seul représentant à ce jour) est William Shepard, ancien consul des Etats-Unis à Bordeaux. Ses thrillers se passent dans les ambassades américaines à travers le monde. J’ignore s’ils ont déjà été traduits en français. Dans The Saladin Affair (2009), Al-Qaïda fomente l'assassinat de diplomates américains et européens... L’action de Vintage Murder (2012) est située en France, des diplomates américains à Paris et Bordeaux ayant à faire à l’ETA. Je recommande aussi La Constance du jardinier (2000), grand roman de John Le Carré dans lequel un diplomate britannique en poste au Kenya enquête sur le meurtre de sa femme, dévoile un trafic de médicaments et finit par être assassiné lui aussi ; le film du même titre de Fernando Meirelles (2005) est excellent également.

    Thursday, 6 September 2012

    Syria/Syrie: Gertrude Bell

    Version française en-dessous

    For academic purposes, I am currently reading the books of British female travellers in the years 1850-1910. One of them is Gertrude Bell, a writer, diplomat, spy, and archaeologist who published Syria: the Desert and the Sown in 1907. Her life and her role in the shaping of the modern Middle East obviously remind us of T.E. Lawrence. The reading of her book is of great literary and cultural interest. Besides this, it sheds light on Syria’s tragic plight today. Below is an excerpt on civil wars and how to end them…

    Mes recherches me conduisent à lire en ce moment les récits de voyageuses britanniques des années 1850-1910. Parmi elles, Gertrude Bell (1868-1926), dont la vie d'écrivaine, diplomate, agent secret, archéologue, est un roman en soi. L'un de ses livres s'intitule Syria: the Desert and the Sown (1907). Sa lecture est passionnante, littérairement, culturellement, et parce qu'il nous plonge aux sources de la fabrication politique du Moyen-Orient moderne par les puissances coloniales ; à l'instar de son contemporain T.E. Lawrence (d'Arabie), autre espion-écrivain, elle contribua à forger l'Irak et la Jordanie d'une manière qui pèse encore aujourd'hui sur la géopolitique de la région. Voici un extrait (en anglais) de ce livre qui éclaire à bien des égards la situation tragique que connaît la Syrie aujourd'hui ; il s'agit des guerres civiles et des moyens d'y mettre terme...

    The muleteers and I listened with breathless interest as one story succeeded another.
     "There are good customs and bad among the Arabs," said Namrud, "but the good are many. Now when they wish to bring a blood feud to an end, the two enemies come together in the tent of him who was offended. And the lord of the tent bares his sword and turns to the South and draws a circle on the floor, calling upon God. Then he takes a shred of the cloth of the tent and a handful of ashes from the hearth and throws them in the circle, and seven times he strikes the line with his naked sword. And the offender leaps into the circle, and one of the relatives of his enemy cries aloud : 'I take the murder that he did upon me!' Then there is peace. Oh lady! the women have much power in the tribe, and the maidens are well looked on. For if a maiden says : 'I would have such an one for my husband,' he must marry her lest she should be put to shame. And if he has already four wives let him divorce one, and marry in her place the maiden who has chosen him. Such is the custom among the Arabs."


    Monday, 13 August 2012

    London 2012 (4/4): Proteus/Hegel


    Version française plus bas

    Peregrinus Proteus, the Greek Cynic philosopher, is our last guest in this series (with Hegel in the French version below). Proteus is best remembered for cremating himself on the flames of the Olympic Games in 165 AD. I'll let my curious readers inquire about the significance of his suicide. Here is how the event is described in Lucian's satirical biography:

    "AND NOW THE GAMES WERE OVER. They were the best I had ever seen, though this makes my fourth visit to Olympia. In the general rush of departure, I got left behind, finding it impossible to procure a conveyance.
    After repeated postponements, Proteus had finally announced a late hour of the night for his exhibition. Accordingly, at about midnight I got up (I had found lodgings with a friend), and set out for Harpine; for here was the pyre, just two miles and a half from Olympia, going East along the racecourse. We found on arrival that the pyre had been placed in a hole, about six feet deep. To ensure speedy ignition, it had been composed chiefly of pine-torches, with brushwood stuffed in between.
    As soon as the moon had risen—for her presence too was required at the glorious spectacle—Proteus advanced, in his usual costume, accompanied by the chiefs of the Cynics; conspicuous among them came the pride of Patrae, torch in hand; nobly qualified for the part he was to play. Proteus too had his torch. They drew near to the pyre, and kindled it at several points; as it contained nothing but torches and brushwood, a fine blaze was the result. Then Proteus—are you attending, Cronius?—Proteus threw aside his scrip, and cloak, and club—'his club of Heracles'—and stood before us in scrupulously unclean linen. He demanded frankincense, to throw upon the fire; being supplied he first threw it on, then, turning to the South (another tragic touch, this of the South), he exclaimed: "Gods of my mother, Gods of my father, receive me with favor." And with these words he leapt into the pyre. There was nothing more to be seen, however; the towering mass of flames enveloped him completely."

    *
    Les Jeux d'été sont terminés, rendez-vous à Sotchi en 2014 pour les Jeux d'hiver. Nous finirons cette série avec Hegel (et Pérégrinus Protée dans la version en anglais ci-dessus). Je citerai ici un article de Jean-Louis Vieillard-Baron citant lui-même Hegel. On trouvera l'article complet et les références aux textes de Hegel sur http://www.cairn.info/revue-philosophique-2007-1-page-43.htm

    "Quelle est la Lebendigkeit dont il est question dans l’analyse de l’œuvre d’art vivante ? C’est la vitalité d’un culte où le rôle essentiel est joué par un corps compris comme un Soi. L’homme se substitue à la statue du dieu dans le culte, d’abord sous la forme déchaînée de la troupe de Ménades en transe, ensuite sous la forme maîtrisée du vainqueur des Jeux Olympiques. Hegel a très bien compris que ces jeux sportifs étaient d’essence religieuse. Et il souligne que cette fête sportive est une action cultuelle qui, du point de vue religieux, dépasse le travail de l’artiste sculptant la statue du dieu. Car la statue, comme œuvre d’art singulière, est inerte. Au contraire, l’œuvre d’art vivante manifeste le travail de tous, et le peuple se rend un culte à lui-même en honorant les héros. Hegel insiste sur le fait que la religion artistique est vivante en tant qu’automanifestation et autocélébration du « peuple riche d’arts et généreux ».
    28Le champion des Jeux olympiques est
    « œuvre d’art vivante et animée qui apparie la force à sa beauté, et qui reçoit en partage, pour prix de sa force, la parure dont on honorait la statue, et l’honneur d’être parmi son peuple, au lieu du dieu de pierre, la plus haute représentation corporelle de son essence »[19]GW 9, p.  387-388 : « Ein beseeltes lebendiges...suite.
    29Cet athlète est un beau combattant (schöne Fechter), mais ce n’est pas un beau guerrier. La lutte sportive est celle qui fait ressortir un unique gagnant comme représentant de tout le peuple auquel il appartient. Il est une singularité corporelle qui dépasse la particularité de la vie de ce peuple et élève à l’universalité l’existence humaine de celui-ci. Ce faisant, c’est l’universalité du divin qui est présente dans le culte du champion, et singulièrement dans les odes en son honneur.